• Accueil
  • > Archives pour le Dimanche 26 août 2012

Les scieurs de long

Posté par cartophilesloiret le 26 août 2012

 Les scieurs de long dans Metiers d'hier scieur-1t

Dure besogne que celle des scieurs de long ! Ils travaillaient le plus souvent sur place en forêt par équipe de deux ou parfois à trois. En ce cas, l’un équarrissait les arbres abattus et marquait, avec un cordeau frotté au noir de fumée ou imprégné de teinture rouge, les traits que la scie devait suivre. Les deux autres manœuvraient la grande scie pour débiter des planches ou plateaux… La bille de bois, marquée et équarrie sur deux faces, était ensuite hissée et maintenue par un chaînage sur le chevalet  encore appelé « chèvre », « chantier » ou « mouton ». L’un des hommes montait sur la bille travaillant à reculons, et c’était lui qui était chargé de guider la scie pour lui faire suivre bien droit les tracés. Ce scieur s’appelait le « chevrier ». L’autre homme resté à terre (« le renard ») tirait sur la scie puis, à la remontée, la dégageait légèrement pour qu’elle remonte sans résistance.

scieur-2t dans Metiers d'hier

 

L’outil principal qu’ils tiraient ainsi à tour de rôle, chacun à un bout, était une longue scie, la « niargue » (ou bannière), montée dans un cadre de bois long d’environ 5 pieds (soit 1m65) qui portait une lame très large en son milieu. A une extrémité, le tendeur lui donnait la raideur voulue. Elle allait et venait de haut en bas et de bas en haut, montait et descendait en attaquant le bois de ses dents très aiguës, toujours bien affûtées tandis que la sciure s’éparpillait à terre. Il était trop fatiguant de scier en remontant et les dents étaient conçues, en crochets tournés vers le bas pour ne scier qu’à la descente. Pour faire du bon travail, il faut du bon matériel. Aussi, la scie devait être souvent remise en état, aiguisée et « avoyée ». La voie ( chemin  ou « désalignement » des dents) était donnée au « tourne à gauche ».

scieur-3t

 

Au fur et à mesure, les planches étaient entassées à plat, les unes sur les autres, séparées par un tasseau et lorsque la dernière tombait, la bille se trouvait reconstituée presque dans sa forme première.

scieur-4t

 

La durée du travail était conditionnée par celle du jour. Dès l’aube, la « niargue » commençait sa chanson et quand l’ombre arrivait, les scieurs qui ne voyaient plus le trait, empoignaient le passe-partout et coupaient les billes de longueur. Depuis longtemps, les scies à ruban ont remplacé ces vigoureux compagnons de la forêt.

M.R.

 

 

Publié dans Metiers d'hier | Pas de Commentaire »

 

ASSOCIATION BIPOLAIRE PROVE... |
LIONS CLUB EMBRUN VAL DE DU... |
Mission Tanzanie |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Boyardville , La Perrotine ...
| Le Pas Sage
| Construire à côté