METIER D’HIER : LE TANNEUR

Posté par cartophilesloiret le 26 novembre 2011

 

 

Au début de ce siècle, l’Orléanais qui possède des matières tannantes avec les écorces de chênes provenant de ses bois, avec des peaux issues de ses troupeaux, compte naturellement beaucoup de tanneries et de mégisseries. Tanner une peau consiste à enlever l’humidité et la graisse  qu’elle contient, à rendre ses tissus plus compactes et à augmenter la force de ses fibres.

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Le tannage comprend un grand nombre d’opérations : les peaux sont ramollies, foulées dans l’eau (dessaignage) nettoyées et étirées au couteau rond sur un chevalet (craminage), puis épilées (ébourrage). Après plusieurs jours dans une série de bains, les peaux sont remises sur le chevalet pour être ébourrées, écharnées, queurcées (frottées avec une pierre à aiguiser appelée « queurse »).  On passe ensuite au travail de rivière.

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Les peaux nettoyées sont mises en fosses, dernière opération qui constitue le tannage proprement dit. Elle se pratique dans des cuves étanches pouvant contenir 50 à 60 peaux. On dispose alternativement une couche de tan et une couche de cuirs puis on place sur le tout un lit épais de tannée qu’on appelle chapeau. Au sortir des fosses, les cuirs sont rincés, brossés, portés au séchoir où on les suspend à des perches et des crochets. Leur dessiccation doit être lente, aussi l’opère-t-on à l’ombre  et à l’abri des courants d’air. Toutes ces préparations, jadis faites entièrement à la main, sont rendues plus rapides par l’usage de machines pour les lavages, foulages, ébourrages, etc.. Par les anciens procédés, il fallait traditionnellement dix-huit mois à deux ans pour un tannage à l’écorce de chêne pur.

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Véritable industrie au cours du XIXe siècle,  la tannerie de notre région s’installe à Orléans, Montargis, Vendôme, Meung-sur-Loire…

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Ainsi, dans cette dernière commune, on  compte 14 Maîtres-tanneurs en 1800 mais il n’en reste plus que trois en 1900 et une seule firme existe encore en 1950. Spécialisées dans le cuir de semelles sérieusement concurrencé par des produits de remplacement, les tanneries orléanaises se maintiendront quelque temps avec des produits de qualité traités à l’écorce de chêne. Elles ont aujourd’hui pratiquement disparu.

M.R.

 

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